Réseaux sociaux créatifs 1

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L’hypothèse de départ est que les processus de créativité s’appuient essentiellement sur le couple : connaissance/action. En d’autres termes, c’est à partir de la conjonction de ces deux champs dominants de l’activité humaine que s’élaborent les processus de la créativité : «créer, c’est agir dans et par le savoir». Dès lors que l’on accepte cet axiome initial, alors la question qui se pose est : peut-on décrire de manière formelle les champs de la connaissance et de l’action ?

Cet essai tente de montrer qu’il est relativement facile de donner simplement une représentation matricielle au couple connaissance/action. Se faisant, on crée un outil ouvert à l’interprétation des processus de créativité.

Réseaux sociaux

Bien que cette approche peut-être généralisée à tous processus créatifs, nous allons dans ce papier nous cantonner aux processus créatifs liés aux réseaux sociaux et particulièrement nous attacher à celui de Rezonance qui fait l’objet depuis quelque temps d’une observation détaillée.

Action

Il y a de nombreuses manières de décrire l’action humaine. Nous allons privilégier une approche qui suit la fonction d’empowerment (autonomisation) de l’action. En commençant par une posture passive, qui fait appel à des intermédiaires, à l’instar du comptoir de l’épicier ou au guichet de la banque ou du fonctionnaire qui tous, nous servait en passant à une posture en réseau sur la co-création de nouveaux environnement tels qu’Internet. A la manière des « poupées russes » qui s’emboitent les unes dans les autres, nous allons définir cinq niveaux d’activités :

  1. Passif : en utilisant les intermédiaires
  2. Self-service : en sélectionnant et en choisissant
  3. Do-it : en construisant à partir d’objets préexistants
  4. Co-design : en ajoutant et en personnalisant
  5. Co-création : en participant à la création d’environnements nouveaux (framework)

Cette manière d’organiser formellement les activités humaines nous permet d’inclure la quasi-totalité de celle-ci dans une représentation simple mais néanmoins opérante.

Connaissance

De même, il est possible de donner une représentation de la connaissance formelle sous la forme d’un découpage en cinq niveaux :

  1. Données/Informations : c’est l’ensemble des « input » d’un système d’information
  2. Règles/Syntaxe : c’est l’ensemble des lois qui régulent et organisent les informations et les données dans un système d’information
  3. Catégorie/Champs : c’est une classification par des propriétés et des caractéristiques du couple infos/règles dans un espace virtuel ou réel
  4. Processus/temps : c’est la dimension holistique des évènements
  5. Simulation/Modèle : c’est la dimension prédiction/anticipation de toute activité cognitive

Pour une telle représentation, nous sommes à même de décrire toute la connaissance formelle que nous retrouvons dans les activités humaines.

Couple action/connaissance

La matrice qui associe les deux dimensions de l’action et de la connaissance offre un nouveau champ d’exploration à l’imagination. Il faut interpréter cette matrice comme un champ dont les axes délimitent un espace ouvert et flexible. Cependant, il est fascinant de constater que dans le cas de la créativité des réseaux sociaux, cela donne un outil extrêmement puissant puisque sur une seule page, on peut comprendre le champ qui donnera naissance au monde des « start ups » et le champ qui suscitera le monde des « net-ups ».

Créativité

En distinguant la créativité collective faisant appel aux réseaux sociaux des autres formes plus classiques de la créativité, la matrice ci-jointe tente de mettre en évidence les facteurs clés de l’émergence d’une nouvelle créativité. Celle-ci oblige à reconsidérer des notions comme la protection intellectuelle, le capital, le business plan, le coaching, etc. pour des concepts mieux adaptés.

 

Matrice du couple action/connaissance pour la créativité des réseaux sociaux

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Conclusion

Si le monde de la « start-up » a créé un environnement complexe fait de brevet, de transferts technologiques, d’incubateurs, de technopôles, de coachings, de capital-risque et de business plan… alors le monde du « net-up » fera de même en créant son propre environnement. Ce dernier basé sur les « réseaux sociaux » se définit davantage sur la connaissance et l’action collective et donc réinvente ces concepts. Nous en connaissons aujourd’hui quelques-uns comme le copyleft, le creative common, le capital social, les groupes d’émergence, les communautés de pratique, etc. mais l’essentiel est encore à venir dont le plus important sera l’invention des nouveaux modèles d’affaires. On peut là aussi anticiper quelques formes émergentes fondées sur le paiement à postériori plutôt qu’à priori. Par exemple, on paiera l’usage (a postériori) d’une voiture et non son achat (à priori). Cependant, rien n’indique aujourd’hui que cet environnement est complètement stable. Beaucoup reste à être inventé.

XC et groupe Montbrillant/2008

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One comment on “Réseaux sociaux créatifs

  1. Reply Edith Jul 4,2015 9:32 pm

    BION I’m imsespred! Cool post!

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